Responsable : Chloé Delaporte
Le programme INDUS a vocation à accueillir et accompagner les travaux des chercheurs et chercheuses étudiant tous les champs de production culturelle, dans leur diversité, qu’ils soient ou non industrialisés (cinéma et audiovisuel, jeux vidéo, littérature, musique enregistrée, mais aussi théâtre et arts de la scène, arts visuels et arts numériques, art contemporain). Fondamentalement interdisciplinaire, le programme INDUS adopte une perspective pragmatique et critique des filières et industries culturelles, au sens où les productions artistiques sont envisagées, non en tant qu’œuvres par nature, mais comme inscrites dans des systèmes sociaux, économiques et politiques qui les construisent (ou non) en tant qu’œuvres. Les travaux du programme INDUS s’articuleront, pour la période 2027-2031, autour de trois axes de recherche prioritaires, qui constituent autant de niveaux d’analyse (du micro au macro) des mutations à l’œuvre dans les filières et industries culturelles.
- Axe 1 : Publics & réceptions
À un niveau micro, INDUS envisage la question de la « réception » dans une dynamique globale, refusant d’autonomiser les pratiques culturelles des individus et groupes sociaux. Parce que les lecteurs et lectrices sont aussi, dans la plupart des cas, des spectateurs et spectatrices et des auditeurs et auditrices (voire des créateurs et créatrices), les « publics » de l’art et de la culture sont appréhendés en tant qu’appartenant à un plus large monde social, sans nier pour autant leur dimension éminemment située. Sur le plan théorique, comment caractériser les pratiques de réception et les usages des publics, en pleine mutation depuis les phénomènes de numérisation et de plateformisation que vit actuellement la plupart des filières culturelles ? Ces usages et médiations reconfigurés dessinent-ils de « nouveaux » publics ou assiste-t-on plutôt à un déplacement et à une recomposition des pratiques ? Sur le plan méthodologique, comment étudier la réception située des publics, lesquels appartiennent souvent à des communautés interprétatives ou « de niche », fonctionnant selon des codes et témoignant d’usages singuliers, propres à un champ voire un sous-champ culturel ? Les logiques de promotion et de prescription étant directement connectées à la question des publics, elles pourront dans le même temps être interrogées.
- Axe 2 : Acteurs, filières & institutions
À un niveau méso, INDUS s’intéresse aux stratégies des acteurs, à l’organisation et au fonctionnement des champs de production culturelle. L’accent est mis sur les dynamiques et rapports de pouvoir qui les structurent, que ces tensions s’exercent en matière esthétique (hiérarchie des formes et discussions des régimes de valeurs internes ou externes au champ), sociologique (conditions de travail des acteurs, accès aux carrières artistiques, égalité F/H et discriminations de genre/race/classe), technique (développement de nouveaux dispositifs de médiation, tels que les plateformes) ou économique (indicateurs de fixation de la « valeur », régulation des marchés, prise en compte des enjeux environnementaux et écologiques), ces dimensions étant évidemment liées et saisissables de manière diachronique et historicisée. Le rapport entre les activités entrepreneuriales et les politiques culturelles, donc entre l’action des acteurs privés et celle de la puissance publique, mérite lui aussi d’être interrogé, dans leur concurrence comme leur complémentarité.
- Axe 3 : Territoires, mondialisation & (re)localisation
Au niveau macro, parce qu’il porte une attention particulière à la mondialisation des marchés de biens symboliques, INDUS encourage l’examen comparatif des champs de production culturelle, en étudie les synergies et les relations d’interdépendance, et autorise la comparaison régionale et internationale, en particulier avec des espaces culturellement éloignés de la France, dans le monde occidental et, surtout, au-delà. Le processus de mondialisation, si souvent utilisé pour décrire la circulation internationale accélérée des acteurs et des contenus, gagnera notamment à être nuancé et recontextualisé à l’aune des phénomènes de (re)localisation qui s’observent dans la plupart des filières et industries culturelles. La notion d’Industries Culturelles et Créatives (ICC), utilisée désormais pour subsumer toute production symbolique, sera également interrogée, notamment pour sa capacité à dé-spécifier les enjeux sociaux, économiques et politiques propres à la création artistique. L’usage, voire l’instrumentalisation, des productions culturelles à des fins de soft power, en termes géopolitiques comme de développement territorial, sera également au cœur de ce troisième axe.
Dernière mise à jour : 01/07/2026



