Programme transversal

Responsable : Jean-Christophe Valtat

Dans le cadre du contrat quadriennal du RIRRA pour la période 2015-2019, nous voudrions ici proposer un programme transversal intitulé : “Transmédialités, Transfictionnalités”, à la fois proche des champs de recherche du RIRRA 21 et susceptible d’impliquer toutes les composantes du laboratoire dans une démarche pluridisciplinaire reflétant sa composition et ses axes  de recherche habituels.

En effet, ces diverses composantes (lettres, cinéma, musique, arts plastiques, arts du spectacle, arts numériques) sont naturellement concernées  par la Transmédialité, conçue comme l’étude des transformations d’une œuvre ou d’un thème d’un média à un autre, selon les déterminations spécifiques de chacun des médias concernés, qu’elles relèvent de la technique, de la forme ou des usages culturels.

Il nous a semblé que ces études sur la transmédialité seraient utilement complétées par un volet sur la Transfictionnalité, élaborée dans les années 90 au Québec autour de Richard St-Gelais, qui en a récemment formulé la théorie de manière exhaustive dans Fictions Transfuges (« Poétique », le Seuil, 2012). Le concept de Transfictionnalité décrit les divers procédés (expansions, versions, croisements, annexions) par lesquels des personnages, des intrigues ou des univers fictifs sont repris dans d’autres fictions et interagissent avec elles, dans le média d’origine ou dans d’autres.St-Gelais indiquant lui-même nettement que l’enquête reste à mener sur le versant « intermédial » de la question, c’est bien ce rapport de détermination mutuelle entre la transfictionnalité et qui nous  semble le plus à même de fédérer les diverses composantes du RIRRA 21.

Un autre trait de la transfictionnalité qui semble correspondre aux centres d’intérêt du RIRRA 21 est la manière dont elle conteste les limites entre « culture savante » et « culture populaire ». Jeu métafictionnel par principe, la transfictionnalité donne en effet un côté ludique à la littérature « savante », un aspect savant à la littérature de genre (comme s’il revenait justement à la transfictionnalité de brouiller ces pistes). Ce jeu  n’en est pas pour autant gratuit, il oblige à penser, jusque dans le malaise qu’il suscite parfois, notre rapport aux fictions et aux limites que nous leur imposons de manière plus ou moins consciente (sacralisation de l’auteur, besoin d’illusion référentielle, goût de « l’authentique », de l’unicité, ou de l’achèvement par exemple).

Trois colloques sont déjà prévus : sur l’écrivain comme personnage de fiction (2015) sur la notion de performance (2016) et la notion d’œuvre d’art totale dans le domaine contemporain (2019).
Un atelier de réflexion est également prévu à partir de 2015.