Soutenance de thèse

Le Vendredi, 6. décembre 2019 -
14:00 - 19:00
Salle 004 à l'Université Paul Valéry - Site Saint-Charles

Madame Charlène DRAY

Soutiendra vendredi 6 décembre 2019 à 14 h

Salle 004 à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, Site Saint-Charles 1

une thèse de DOCTORAT

Discipline : Arts spécialité Études théâtrales et spectacle vivant

Titre de la thèse : Le protocole scientifique comme processus de création artistique appliqué au cheval. Entre arts et sciences, des espaces hybrides où écrire le vivant

Composition du jury :

  • M. Jean-Paul FOURMENTRAUX, Professeur, Université d’Aix-Marseille
  • M. Philippe GOUDARD, Professeur, Université Paul-Valéry Montpellier 3, directeur de thèse
  • M. Gérard LIEBER, Professeur émérite, Université Paul-Valéry Montpellier 3
  • Mme Jocelyne PORCHER, Professeure, INRA Montpellier
  • Mme Ondine BRÉAUD-HOLLAND, Professeure, ESAP Monaco
  • Mme Magali SIZORN, Maîtresse de conférences, Université de Rouen
  • M. Karel VANHAESEBROUCK, Professeur, Université libre de Bruxelles (Belgique)

Résumé de la thèse

À l’ère de l’anthropocène, les sciences du vivant et les pratiques artistiques émergentes opèrent un décloisonnement des savoirs et des pratiques nous invitant à reconsidérer la présence des animaux en spectacle. Cette thèse a pour objectif de concevoir un processus de création favorisant l’agentivité du cheval sur scène au travers d’outils et de connaissances à même de donner à voir une nouvelle approche des relations interespèces. L’auteure de cette thèse, scénographe-chercheuse-écuyère et ses deux chevaux de randonnée Listan et Luzio, explorent les modalités de leur espèce de compagnie (Haraway) en la mettant à l’œuvre au cœur du dispositif scénique. Appuyées sur cette pratique de 2008 à 2019 dans le champ professionnel de la performance et du spectacle vivant, 152 expériences ont été réalisées. En se référant à l’histoire de l’art équestre (Hodak-Druel), à l’éthologie (Lorenz), à la sociologie et la philosophie (Despret) ainsi qu’aux courants plus récents tels que la technozoosémiotique (Bec), les partenariats art, science et technologie (Fourmentraux) et à l’éthologie cognitive (Leblanc), la recherche s’articule en trois parties. La première est consacrée à la transformation de la science de l’équitation en art de monter à cheval au XVIIe siècle (de Pluvinel) entraînant l’avènement du cirque moderne au XVIIIe puis du spectacle équestre tel qu’on le connait aujourd’hui (Zingaro). La seconde partie s’ouvre au-delà des domaines de recherche habituellement associés au cheval. D’une part sur des expériences d’amateurs éclairés qui ont dévoilé des capacités équines jusque-là insoupçonnées. D’autre part dans le champ de l’art, sur différentes manières d’aborder la création avec l’animal. Sans éviter d’aborder les questions d’actualité quant au travail animal (Porcher), une approche sémiotique (Bouissac) interroge le statut symbolique et la puissance d’agir (Latour) de ces animaux au cœur de l’œuvre. Cette seconde partie se termine, en croisant les recherches en cognition animale associées au développement d’interfaces technologiques qui permettent à l’auteure de s’engager à explorer de manière inventive, les modalités expressives d’une forme de langage animal/machine/homme. À la recherche de la création, la troisième partie met à l’épreuve ces différents constats. Adoptant une pratique artistique expérimentale, cette recherche donne alternativement aux chevaux le statut d’expérimentateurs au laboratoire et de partenaires artistiques à la scène (Hediger). Les performances qui en résultent considèrent la scénographie comme un agrès virtuel, qui engage une relation d’intermédialité entre l’animal usant d’outils interactifs et l’interprète humain qui les accompagne conviant les spectateurs à la mise en lumière d’une nouvelle place de la relation et du vivant dans l’art.