Etudes Culturelles

Master en mention Etudes culturelles:

Les « études culturelles » ne sont pas définies et répertoriées aujourd’hui en France, dans le système de classification
académique national, comme une «discipline », au sens savant et institutionnel du terme. Il s’agit d’un courant de pen-
sée multiple, possédant toutefois trois caractéristiques majeures.

Les études culturelles sont :
- Un carrefour pluridisciplinaire articulant études littéraires, sciences humaines et sciences sociales ; - analy-
sant de manière critique les relations de pouvoir dans la culture et les rapports entre hiérarchies culturelles et hiérar-
chies sociales ;
- Portant principalement sur des pratiques et/ou des objets exclus, marginalisés ou minorés par la tradition
académique.


Les enseignements du master 1 d’études culturelles de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 ont pour but de retracer
d’une part l’origine et les évolutions progressives du courant de pensée qui s’est constitué historiquement sous le
nom de « cultural studies », depuis son moment fondateur en Angleterre dans les années 1960 jusqu’à ses multiples
développements contemporains dans le monde anglo-américain (subcultures, media studies, race/ethnic studies, gender
studies, minority studies, diaspora studies, postcolonial studies, subaltern studies, etc.). Ils visent d’autre part à présenter
les disciplines, démarches et approches intellectuelles voisines, telles qu’elles ont pu être développées parallèlement en
France (et plus généralement en Europe) sous d’autres noms (histoire culturelle, sociologie de la culture, sociologie
de la réception, etc.). Ces deux perspectives intellectuelles, à la fois proches et différentes, qui correspondent à deux
grandes « traditions nationales » que l’on peut analyser en termes bourdieusiens comme deux « champs de productions
nationaux » où s’engendrent des « catégories nationales de pensée », sont liées entre elles et à d’autres aires nationales
par de multiples circulations internationales d’idées, de textes et d’auteurs. Elles constituent la matière centrale de ce qui
est enseigné et pratiqué dans le master sous le terme éponyme général d’«études culturelles».
Sous une forme ou sous une autre, et selon une diversité de points de vue, d’hybridations théoriques et de réactualisations
intellectuelles possibles, les études culturelles/« cultural studies » s’intéressent ainsi à toutes les formes de productions
culturelles, et tout particulièrement aux objets considérés traditionnellement comme mineurs ou illégitimes par le
monde académique (« pop culture » : télévision, dessins animés, internet, réseaux sociaux, jeux vidéo, bande dessinée,
street art, jazz, rock, rap, polar, science-fiction, fantastique, francophonie, etc.), de même qu’aux pratiques culturelles
non canoniques habituellement rejetées hors de la culture « classique » (sous-cultures « populaires » ou des minorités
ethnoculturelles et sexuelles) et plus généralement à toutes les formes de cultures émergentes. Interrogeant les rapports
entre cultures et pouvoirs, les études culturelles examinent les conditions sociales et les enjeux politiques de la vie
culturelle, et elles insistent, en articulant analyse de la réception et analyse de la production, sur les mécanismes de
résistance, de négociation, de réappropriation et de métissage qui sont à l’œuvre dans les processus culturels issus des
groupes sociaux dominés vis-à-vis des cultures dominantes et centrales (phénomènes de créativité des marges ou des
périphéries culturelles et sociales).


En master 2, les étudiants spécialisent leur recherche en choisissant l’un des trois parcours proposés par la formation.
Le parcours «Cultures en mouvements» s’attache à l’étude des mutations culturelles engendrées par la mondialisation,
selon deux orientations complémentaires. Il s’agira d’une part, dans un rapport entre la culture au sens anthropologique
large (définie comme l’ensemble des productions symboliques (significations et valeurs) et des pratiques sociales qui
les « incorporent » (Raymond Williams)) et les phénomènes migratoires, de rendre compte des déplacements et des
recompositions culturelles qui ont lieu sous l’effet des migrations et des diasporas. On sera particulièrement attentif
aux rapports de force qui sont à l’œuvre dans une mondialisation pensée comme processus « hégémonique » (Antonio
Gramsci). On étudiera en particulier l’effet des phénomènes migratoires sur la formation dans le monde occidental
d’un « cosmopolitisme vernaculaire » (Homi Bhabha) postcolonial où s’activent de multiples formes de tensions entre
la culture et les représentations majoritaires de l’identité nationales et celles des minorités (arrivées récemment ou
présentes de longue date), entraînant une redéfinition progressive des cultures nationales sur une base multiculturelle
et créant de multiples formes d’hybridités culturelles.
A l’inverse, on étudiera également, en dehors du monde occidental, les multiples formes de « branchements » culturels,
entendus comme une « dérivation de signifiés particularistes par rapport à un réseau de signifiants planétaires » (Jean-
Loup Amselle) dominants.
Il s’agira d’autre part, dans un sens de la culture plus restreint aux productions artistiques et intellectuelles, d’explorer
les circulations et les transferts culturels entre deux ou plusieurs espaces culturels (États, nations, groupes ethniques,
espaces linguistiques, aires culturelles et religieuses) et d’analyser les transformations et les réappropriations sémantiques
et formelles qui résultent du passage d’un objet culturel (idées, textes, œuvre d’art, etc.) d’un contexte à un autre.
Le parcours « Études de genre » répond à un triple objectif intellectuel. Premièrement, il vise à apporter un éclairage
historique et à donner des bases conceptuelles permettant aux étudiant.e.s d’appréhender dans sa totalité ce vaste champ
de recherches. Il s’agira de faire la généalogie et de dresser le tableau des différents courants et écoles qui composent
les théories féministes, les études queers, les études gaies et lesbiennes, les études de genre et de sexualité, les études
trans, etc. L’enjeu sera également de donner aux étudiant.e.s l’occasion de s’approprier les textes majeurs et les concepts
clés des études de genre. Deuxièmement, ce parcours aura pour fin d’apprendre aux étudiant.e.s à appliquer les outils
théoriques des études de genre à leurs propres objets de recherche - que ces objets soient directement liés ou pas
aux questions de genre. L’important sera de faire voir en quoi ces instruments conceptuels permettent d’ouvrir des
perspectives nouvelles, d’enrichir, d’approfondir et de complexifier l’approche d’un sujet. Troisièmement, il s’agira de
faire voir en quoi les études de genre permettent d’acquérir un rapport réflexif aux différentes disciplines, à interroger
les préjugés de genre sur lesquelles elles sont parfois bâties, à débusquer les impensés sexistes qui les travaillent et en
limitent la portée.
Le parcours « Cultures populaires » explore les différents sens possibles du mot « populaire » (lié aux classes sociales
populaires / concernant la plus grande partie de la population / apprécié par le plus grand nombre) pour étudier les
rapports entre cultures et classes sociales (on se demandera notamment s’il existe encore des cultures de classe) ainsi que
les évolutions de la culture de masse. On accordera une attention particulière aux transformations culturelles produites
par les nouveaux médias et la sphère informatique (jeux vidéo, journalisme participatif, blogs, réseaux sociaux, etc.),
ainsi qu’aux phénomènes de transmédialité (Henri Jenkins).

Fascicule du Master mention Etudes Culturelles tout parcours 2025-2026

Fiche de diplôme